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À mesure que l’on avance en âge, la répartition de son épargne peut évoluer. Cette formule propose un calcul simple pour s’y retrouver.
Plus les années passent, plus la manière de placer son argent est censée évoluer. Un épargnant qui dispose de plusieurs décennies devant lui peut généralement accepter davantage de fluctuations qu’une personne qui s’apprête à utiliser son capital pour financer sa retraite. C’est sur cette logique que repose la règle dite des « 100 moins son âge ». Son principe est élémentaire : soustraire son âge à 100 afin d’obtenir la proportion théorique d’actions à conserver dans son portefeuille. Le solde serait alors investi en obligations. Facile à appliquer, cette formule offre surtout un point de départ pour réfléchir à la répartition de son épargne.
Une formule simple pour réduire progressivement le risque
Concrètement, une personne de 40 ans obtiendrait le chiffre 60 et pourrait donc, selon cette méthode, consacrer 60 % de son portefeuille aux actions et 40 % aux obligations. À 60 ans, la proportion s’inverserait presque, avec 40 % d’actions et 60 % d’obligations. À 70 ans, les actions ne représenteraient plus que 30 %. L’objectif est de diminuer progressivement l’exposition aux variations des marchés à mesure que l’horizon de placement se raccourcit. Plus l’argent doit être utilisé rapidement, moins l’épargnant dispose de temps pour attendre qu’un portefeuille se redresse après une forte baisse.
Cette logique rejoint un principe essentiel en matière d’investissement : le risque doit être apprécié en fonction de la durée pendant laquelle l’argent peut rester placé. L’Autorité des marchés financiers rappelle notamment que les actions doivent généralement être envisagées sur le long terme, avec un horizon pouvant atteindre au moins dix ans. Un jeune actif qui épargne pour un projet très éloigné peut ainsi supporter davantage de volatilité. À l’inverse, quelqu’un qui prévoit d’utiliser une partie importante de son capital dans deux ou trois ans cherchera davantage à préserver les sommes dont il aura bientôt besoin.
Actions d’un côté, obligations de l’autre : une vision trop simple
La règle des « 100 moins son âge » présente toutefois une faiblesse importante : elle peut donner l’impression que les obligations constituent automatiquement la partie sans risque du portefeuille. Ce n’est pas le cas. Leur valeur peut évoluer, notamment lorsque les taux d’intérêt changent, et revendre une obligation avant son échéance peut entraîner une perte. Les fonds obligataires peuvent eux aussi fluctuer et ne garantissent pas nécessairement le capital. La prudence ne consiste donc pas simplement à remplacer progressivement les actions par des obligations, mais à diversifier son patrimoine en tenant compte des caractéristiques de chaque support.
Surtout, l’âge ne dit pas tout de la situation financière d’un épargnant. Deux personnes de 65 ans peuvent avoir des stratégies parfaitement opposées sans que l’une soit nécessairement moins raisonnable que l’autre. La première peut avoir besoin de son capital pour compléter rapidement sa pension, tandis que la seconde dispose de revenus confortables et prévoit de conserver ses investissements encore de nombreuses années. Le patrimoine déjà constitué, les dépenses prévues, les revenus, les projets familiaux ou encore la capacité à accepter une baisse temporaire sont autant de paramètres qui peuvent modifier la répartition adaptée.
Un repère à compléter par une épargne de sécurité
Avant même de déterminer combien placer en actions ou en obligations, il reste par ailleurs indispensable de conserver une épargne de précaution. Cette réserve, disponible rapidement et exposée à peu de risques, sert à absorber une dépense imprévue sans avoir à vendre un investissement dans de mauvaises conditions. Sa présence influence directement la capacité à prendre des risques avec le reste du patrimoine. Un épargnant qui dispose déjà de plusieurs mois de dépenses accessibles peut, par exemple, envisager plus sereinement des placements de long terme qu’une personne dont toute l’épargne pourrait être sollicitée rapidement.
La règle des « 100 moins son âge » doit donc être considérée comme un outil de réflexion plutôt que comme une formule à appliquer chaque année au pourcentage près. Son principal intérêt est de rappeler qu’un portefeuille peut avoir besoin d’être progressivement rééquilibré lorsque les projets se rapprochent. Cette logique se retrouve d’ailleurs dans certaines gestions pilotées de plans d’épargne retraite, où l’exposition aux actifs risqués diminue à mesure que l’échéance approche. L’essentiel reste de revoir régulièrement sa stratégie en fonction de son horizon, de ses besoins et de sa tolérance au risque, plutôt que de laisser son âge décider seul de la destination de son épargne.
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